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Action sociale, Désinformation, Gaspillage alimentaire

Courbevoie : un élu de droite sollicite un journaliste pour un article de complaisance

Arash DerambarshDepuis quelques mois, la lutte contre le gaspillage alimentaire fait la « une » de nombreux journaux français et étrangers grâce à l’entregent médiatique et au carnet d’adresses bien rempli d’un conseiller municipal Les Républicains de Courbevoie, Arash Derambarsh. Écumant plateaux TV et émissions radio, tout est prétexte pour parler d’une initiative locale qu’il a mise en place début janvier 2015 : trois soirs par semaine, avec une vingtaine de bénévoles, l’élu a distribué pendant un mois et demi les invendus d’un supermarché courbevoisien à des personnes dans le besoin.

Si toute action permettant d’aider des concitoyens démunis doit être encouragée, il n’est en revanche pas tolérable de surfer sur la détresse humaine pour s’arroger – à son seul profit médiatique – le travail de parlementaires et d’associations qui s’intéressent à cette problématique depuis des années. La polémique qui a ainsi éclaté, le 10 juillet  dernier sur Twitter, entre Ségolène Royal et Arash Derambarsh est révélatrice d’une dérive actuelle de notre société où l’image prime sur la réalité des faits. Que reproche donc l’élu courbevoisien – à l’origine d’une pétition contre le gâchis alimentaire – à la ministre de l’Écologie ? D’avoir repris à son compte, dans un tweet malheureux, sa lutte contre le gaspillage alimentaire ? Vaste blague !

Des députés, comme Jean-Pierre Decool (LR), n’ont pas attendu Arash Derambarsh et sa pétition pour agir. En 2013, l’ancien ministre Guillaume Garot (PS) a par exemple présenté un pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire. Des associations, comme Les gars’pilleurs, Disco Soupe et Zéro Gâchis, oeuvrent également sur le terrain depuis des années, aux côtés des banques alimentaires et des Restos du cœur. À Courbevoie, le CCAS (via l’épicerie sociale), la Croix Rouge et le Secours catholique sont tous les jours auprès des habitants en difficulté, contrairement à Monsieur Derambarsh qui n’a fait son show – devant les caméras – que pendant un mois et demi. D’ailleurs, l’élu qui siège à la commission des affaires sociales ne semble guère préoccupé par les questions sociales, puisqu’il a été absent aux cinq réunions de cette instance municipale organisées depuis septembre 2014.

« Coup de pouce journalistique »

Suite à la polémique entre Ségolène Royal et Arash Derambarsh, l’assistant parlementaire Pierre Januel publie le 12 juillet sur son blog un billet intitulé « Qui sont les parents de la loi contre le gaspillage alimentaire ? », dans lequel il détaille l’historique de la lutte contre le gâchis alimentaire. Il revient notamment sur les amendements interdisant de jeter les invendus alimentaires insérés dans la récente loi sur la transition énergétique.

En réponse à Pierre Januel, un journaliste – Charles Dos Santos – publie le 21 juillet sur son blog un panégyrique intitulé « Gaspillage alimentaire : Arash Derambarsh est bien à l’origine de la loi ». Cette publication qui se veut journalistique vante sans aucun discernement ni recul l’action de l’élu courbevoisien. Ce n’est guère étonnant, le journaliste montpelliérain étant un thuriféraire d’Arash Derambarsh comme le prouvent les tweets suivants :

cds-arash01.jpg cds-Arash02

Suite à la publication de son article, Charles Dos Santos s’attire les foudres de nombreux internautes :

En fait, ce publirédactionnel n’est qu’une opération de communication orchestrée à quatre mains par Charles Dos Santos et Arash Derambarsh. Ce dernier, qui selon ses dires « ne cherche pas la personnalisation […] et fait ça pour ceux qui ont faim » ( Le Monde du 4 avril 2015), a en effet envoyé au journaliste un long courriel – que nous reproduisons icidans lequel il développe un argumentaire à utiliser pour la rédaction de l’article.

Ce mélange des genres entre politique et presse est particulièrement détestable pour deux raisons. Il instille tout d’abord le doute sur l’impartialité et l’objectivité des articles et reportages qui ont été publiés dans les journaux papier et télévisés depuis janvier 2015. Est-ce la première fois que Arash Derambarsh sollicite un ami journaliste ou bien y a-t-il eu des précédents ? Par ailleurs, Charles Dos Santos a-t-il rédigé cette hagiographie pour rendre simplement service ou bien y a-t-il eu une contre-partie ?

Au-delà de ces questions sans réponses, les principaux oubliés de ce cirque médiatique sont les milliers de bénévoles qui sont sur le terrain depuis des années, loin des caméras. Tous ces hommes et femmes qui ne comptent pas leur temps pour aider des concitoyens dans le besoin, loin de l’égotisme de certains hommes politiques…

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